Quand on observe l’état actuel d’Haïti, on se demande avec angoisse qu’adviendra-t-il de ce pays. En effet, depuis l’année 1986, la situation ne fait que se détériorer dans tous les domaines.
Au point de vue écologique, le pays fait face à une réelle catastrophe bien qu’il existe un Ministère de l’Environnement.
L’agriculture est pratiquement moribonde. Alors, qu’Haïti exportait le riz dans le passé, elle est aujourd’hui une nette importatrice. La production des autres céréales est presque nulle. Donc, on importe tout de l’étranger, ce qui appauvrit d’avantage le pays.
L’éducation est en chute libre. Les écoles pullulent partout sans aucun contrôle. Elles fournissent un enseignement au rabais au point que la population les appelle « l’Ekòl bòlèt ». Que fait le Ministre de l’Education Nationale?
Quant à la santé, n’en parlons pas. Les hôpitaux n’existent que de nom, puisqu’ils ne sont pas en mesure de répondre aux besoins de la population. Les bâtiments sont vétustes et le matériel médical fait défaut.
Les routes sont défoncées et deviennent impraticables quant il pleut. Et pourtant il existe un Ministère des Travaux Publics qui ne fait rien.
C’est dans ce contexte que la Communauté Internationale déclare qu’elle est fatiguée d’Haïti. Paul Collier un professeur à « Oxford University » a suggéré que tous les acteurs sur le terrain (Etats-Unis, Canada, Union Européenne, Nations Unies et Brésil) lancent un programme global pour reconstruire le pays.
Etant donné que le pays est de facto sous la tutelle des Nations Unies, on doit s’attendre à la prise de contrôle de l’administration par les pays donateurs.
Il revient aux têtes pensantes, car il y en a encore, de se prononcer sur cette situation critique en considérant bien sûr, les intérêts du pays pour retirer Haïti de l’ornière. S’il existe réellement une classe politique c’est le moment crucial pour elle de prendre position.
PANACEA is a Magazine whose main purpose is to educate our Haitian communities throughout the Diaspora about issues, concerns, problems that affect their lives, and to suggest possible solutions in the articles contributed by our readers. The viewpoints expressed by our contributors are based on their respective beliefs, academic knowledge and experiences. Thus, we learn by sharing information with others....
The G.O.P.-EN Family has several sons That I know well But there is one I never knew That I just began to know His name is Wilson His fans call him Son Of a gun His opponents call him Grandson Of the Ku Klux Klan He Hates the Sun When he sees the Sun rise Fire comes to his muzzle He barks like a mad dog And makes his peers frightened Fortunately he is not unleashed Thank God Could you imagine the great disaster People would face If he was unleashed
ÉCHOS D’HAITI ET DE LA DIASPORA Par Carlo Cantave Le drame des “Boat People” continue
Au mois de Mai, un bateau venant des Iles Bahamas, transportant des haïtiens a fait naufrage sur les côtes de la Floride. Il y a plusieurs morts. Sept rescapés ont été hospitalisés et le reste enfermé à la prison de Krome.
Au mois de Juillet, le même phénomène s’est reproduit. Une petite embarcation a fait naufrage dans les parages des Iles Turques. On a trouvé quelques corps qui n’ont pas été engloutis dans l’océan. Les rescapés ont été rapatriés. Un jeune homme dont la photo a été publiée dans les journaux américains New York Times et News Day a déclaré qu’il tentera à nouveau sa chance puisqu’il n’y a aucun espoir dans ce pays.
On se rappellera qu’en 1978 la chaîne de télévision ABC avait montré le mauvais traitement infligé aux Haïtiens qui arrivaient à Cayo Lobos par la police Bahamienne. Cette action avait provoqué la réprobation générale des Haïtiens vivant à New York. Une série de manifestations a été entamée contre le régime de Duvalier. Les actuels dirigeants ne font pas mieux alors qu’ils étaient des critiques acerbes du précédent régime.
À Propos du Salaire Minimum
Depuis deux ans, on discute à la Chambre Basse une loi proposée par le député Steven Benoît pour porter à 200 gourdes le salaire minimum de 70 gourdes.
Finalement, la loi a été votée par le parlement et acheminée au président de la république pour publication.
Après avoir entendu les patrons, le président a fait objection à la loi. Il a proposé 125 gourdes pour les ouvriers de la sous-traitance et 200 gourdes pour les autres, ce qui est ridicule, car un salaire minimum doit englober tous les ouvriers. En Haïti tout se fait puisque c’est un pays surréaliste. Alors après beaucoup de démagogie les députés se sont réunis et ont voté 38 contre 31 pour la proposition du président.
Les députés représentent les intérêts du peuple et non pas ceux du président. Ils ont failli à leur mission. Le peuple a pris note, car il a manifesté son mécontentement. Il prendra en temps opportun la décision qui s’impose face à la trahison de ses prétendus mandants.
L’Université a Emboîté le Pas
La gangrène qui ronge le pays s’est étendue a l’université. En effet, depuis quelques mois, la faculté de médecine ne fonctionne pas, des étudiants ayant occupé le local. Finalement le décanat a fait appel à la police qui est intervenue pour les déguerpir. A l’annonce de la reprise des cours, il y a eu un tohu-bohu et la police a du intervenir à nouveau.
À la faculté d’ethnologie des étudiants ont pris la rue et lancé des pierres contre des véhicules passants, brisant leur pare-brise. Ce genre de comportement est indigne des gens qui fréquentent l’Université qui est un lieu de réflexion et non pas de désordre. Alors on peut se demander si ce pays n’est pas irrémédiablement foutu.
À Propos de la Constitution
La constitution de 1987 n’a jamais été appliquée. En effet, le régime Lavalas n’a pas eu le souci de mettre en place des institutions qui devaient promouvoir le changement que le pays souhaitait. Au contraire, il s’est évertué à établir une sorte de présidence à vie en organisant des élections frauduleuses à chaque échéance électorale. Ce sont les élections organisées par René Préval en 2000 pour Aristide et sa clique qui ont conduit le pays dans la situation actuelle d’occupation décrétée par l’ONU maintenant. Il se contente de jouer le rôle de Sudre Dartiguenave, sans aucun souci de rétablir la souveraineté du pays. Il continue à pratiquer les manœuvres politiciennes. Après avoir rempli le Sénat avec ses acolytes, il a poussé le parlement à adopter, deux jours avant la fin de la session, un projet de changement de la constitution.
L’auteur du projet, Claude Moïse parle tantôt d’amendement, tantôt de révision, on ne sait pas exactement de quoi il s’agit. Peut-être qu’à l’avenir on aura des précisions. Toutefois, modifier la loi mère du pays est un fait extrêmement important auquel toutes les forces vives du pays devaient participer. Attendons la nouvelle législature pour voir ce qui va se passer.
Le Peuple Haïtien Aura Justice Un Jour
Un juge chilien vient de mettre en accusation 129 personnes qui avaient commis des crimes contre le peuple durant la dictature de Pinochet entre 1973 et 1990.
La police dominicaine vient de procéder a l’arrestation du chef de gang de Cité Soleil dénommé Amaral Duclona soupçonné de l’assassinat du consul honoraire de France qui se rendait au Cap-Haitien. Il sera transporté en France pour être jugé étant donne que la justice est inexistante en Haïti.
Le tour des auteurs de crimes commis de 1957 à nos jours arrivera certainement.
À Propos De l’Asile Temporaire pour les Haïtiens
Depuis le début de cette année des manifestations ont été organisées en Floride et à Washington pour réclamer la demande d’asile temporaire pour les haïtiens. En effet, les citoyens des pays tels que : le Salvador, le Honduras, le Nicaragua, la Somalie et le Soudan, qui ont subi des catastrophes naturelles et troubles civils ont reçu l’asile temporaire. Pour les haïtiens, aucune décision n’est prise au cours de la semaine du 15 septembre. De nouvelles manifestations ont eu lieu en Californie, Floride et Washington pour faire pression sur l’administration d’Obama pour se pencher sur le cas des haïtiens. Nous gardons l’espoir que le sort de nos compatriotes sera pris en considération.
Images d’Haïti
Tandis que la population périclite dans la misère la plus abjecte, les tenants du pouvoir s’enrichissent. Ils sont tellement sans scrupule, ils ne peuvent pas justifier la disparition des 175 millions de dollars de Petro-Caribe. N’était-ce la présence sur le terrain des organisations internationales de charité, les gens abandonnés à leur sort n’existeraient plus. Ces photos se passent de commentaire.
La situation que confronte Haïti actuellement est le résultat de la mauvaise gouvernance qui remonte à 1957. En effet, depuis l’arrivée de Duvalier, il a procédé systématiquement à l’élimination de toutes les organisations politiques, professionnelles et culturelles. Il se considérait comme le seul maître à penser.
C’est ainsi qu’en 1959, il a dissous le Syndicat des Maîtres de l’Enseignement Secondaire (UNMES) et révoqué la majorité de ses membres, sonnant ainsi le glas de l’enseignement secondaire qui continue à péricliter jusqu’à nos jours. L’année suivante, il a éliminé l’Union Nationale des Étudiants Haïtiens (UNEH) et l’Union Intersyndicale d’Haïti (UIH), livrant les ouvriers à la merci des patrons.
Avec la détérioration de la situation politique, les gens commencent à quitter le pays. L’exode s’est accentué durant les années 1963-1964. En 1965, le pays a reçu le coup de grâce avec le départ pour l’Afrique du corps enseignant. En 1968, c’est le tour des ouvriers qualifiés et des artisans. Le dernier support du pays, la paysannerie commence à quitter, en 1976, vers la Floride dans de petites embarcations ; d’où l’appellation de « boat people ». À la fin du régime, en 1986, toutes les structures du pays étaient ébranlées.
Il fallait agir vite pour mettre en place de nouvelles structures. Malheureusement, l’armée qui a hérité le pouvoir n’avait ni la compétence, ni la vision pour résoudre cette quadrature de cercle. Les pays tels que les Philippines et l’Indonésie qui ont renversé les dictatures de Marcos et de Suharto n’ont pas eu le même sort qu’Haïti parce qu’ils avaient des gens conscients et capables pour gérer la situation.
De 1986 à 1990, le pays était à la dérive. Finalement, le régime Lavalas est arrivé au pouvoir. On est tombé de Caribe en Scylla. Ce régime a donné le coup de grâce au pays en parachevant le travail de son prédécesseur. Haïti est totalement en ruines.
Pour retirer le pays de l’ornière, l’improvisation n’est plus de mise. Alors, il faut que les gens compétents, honnêtes et capables s’affirment pour dire que 20 années de dérive Lavalas, c’est assez et s’organisent en vue de prendre le pouvoir. C’est la dernière chance qui reste.
Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption Cen’est pas de la démocratie, c’est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection çà et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse.
(Président Obama)
La constitution de 1987 : bouc émissaire
Le Laroussedu XXe siècle définit ainsi bouc émissaire :
Chez les Juifs, à la fête des Expiations, on amenait au grand prêtre, un bouc sur la tête duquel il étendait les mains, et qu’ il chargeait, avec des imprécations, de toutes les iniquités d’Israël. Ce bouc était ensuite conduit sur les confins du désert, et chassé au milieu des cris de tout le peuple.
L’expression bouc émissaire est devenue proverbiale pour désigner une personne sur laquelle on fait retomber toutes les fautes, à laquelle on impute tous les torts, et qu’on accuse de tous les malheurs qui arrivent .
On n’ a pas besoin d’être grand clerc pour conclure que c’est le sort fait à la Constitution de 1987.
En effet, le président Préval , et à sa suite ses acolytes, a déclaré à maintes reprises que cette constitution était responsable de l’instabilité politique qui débouche sur la crise économique
en empêchant les investissements étrangers, une instabilité qui est un obstacle à la construction du pays et plus particulièrement l’article 134-3 : « Le président de la République ne peut bénéficier de prolongation de mandat, il ne peut assumer un nouveau mandat qu’après un intervalle de cinq (5)ans. En aucun cas, il ne peut briguer un troisième mandat ». Une constitution responsable du néolibéralisme qui enrichit les riches et appauvrit encore plus les pauvres, qui enrichit les dirigeants au détriment des masses . Une constitution responsable du déboisement, de la destruction de l’écologie. Une constitution responsable de la pollution des rues, des rivières et de la mer. Une constitution responsable du trafic des drogues . Une constitution responsable de la corruption généralisée.
On en croit pas ses oreilles, ou ses yeux. Voilà un citoyen, qui sort d’une complète obscurité en 1990, pour occuper pendant près de vingt ans (1991-2009), à l’exceptionpeut-être de la
période d’exil doré (1992-94), une place prépondérante sur la scène politique, comme Premier ministre, Président de la République deux fois, grand manitou durant la présidence d’Aristide, qui se plaint d’une instabilité le condamnant à ne rien foutre. Mais comme dit le dicton : plus le diable en a, plus il veut en avoir. Il faut donc amender cet article gênant. D’où ce que nous appelons le piège des amendements constitutionnels.
Le piège des amendements constitutionnels
L’article 134-3 a été introduit comme un rempart contre la présidence à vie, contre la volonté d’un président de se faire réélire à l’expiration de son premier mandat( possibilité de dix ans de pouvoir) et de faire élire son successeur(possibilité de dix autres années). Un cycle infernal capable de garantir vingt ans de pouvoir, par personne interposée. Un cycle où se profile le spectre de la présidence à vie des Duvalier. Le président sait qu’un tel amendement tentera des candidats assoiffés de pouvoir, des partisans fanatiques et des juristes complaisants.Il choisiradonc méticuleusement les membres d’une commission à laquelle il laissera le soin de recommander d’autres amendements concernant la double nationalité, la perte de la nationalité haïtienne etc. que souhaitent les Haïtiens. Ainsi la pilule sera-t-elle dorée pour être avalée sans grande difficulté. Beaucoup , pour des raisons diverses, semblent être tombés dans le panneau, dans ce piège astucieusement préparé. Nous faisons confiance aux patriotes , aux masses haïtiennes qui verront clair et s y’opposeront.
Nous avons durant de longues années appuyé la lutte des Malcolm X, Martin Luther King Jr, Langston Hughes, et d’ autres défenseurs, moins connus, des droit civils et économiques des masses noires , nous avons voté Obama.Malgré nos réserves quant à sa politique extérieure de maintien inconditionnel de l’empire américain nous sommes d’accord avec certaines de ses prises de position dans son discours au Ghana. Comme nous l’avons proclamé dans notrearticle « Démanteler la corruption et construire Haïti par nous-mêmes »( Haïti Liberté 2-8 décembre 2008 ; AlterPresse 9 décembre 2008 ; La Fondation Summer/Fall 2009) et d’autres écrits qui précèdent son discours, nous pensons aussi qu’ :
Il ne s’agit pas seulement d’organiser des élections – il faut voir entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent le peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour s’enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogues…nous avons vu de multiples exemples de gens qui prennent leur destinée en main et qui opèrent des changements à partir de la base… l’histoire est du côté de ces courageux Africains et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d’Etat ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions.
Conclusion
On se demande perplexe quelle est la réelle politique du Président Obama face à la conjoncture haïtienne qui n’est guère différente de celle décrite dans lacitation précédente. Il affirme que
« L’Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. La vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. ». Que voyons-nous ? Le gouvernement américain donne son agrément au choix de l’ONU qui désigne l’ex-président Clinton comme émissaire spécial pour le dénouement de la crise haïtienne. Un Clinton qui se pose en maître et seigneur. Un Clinton qui avait exigé pour le retour d ‘Aristide, en Haïti en 1994, la privatisation des plus grandes entreprises publiques de l’Etat haïtien. Sans compter que le jour n’a jamais pu se faire sur les concessionsaccordées par la suite à Hillary Clinton et aux Kennedy pour une agence de télécommunications en Haïti. La faute en est à la Constitution de 1987. Que faut-il donc en faire. ? L’amender ou écrire une autre constitution ? Les amendements semblent la voie la plus facile. Nous nous limiterons à l’analyse de l’amendement de l’article 134-3 proposé par la Commission constitutionnelle qui se lit comme suit (page 44) :
Observation
Nous avons pensé que le Président en soumettant son bilan pour briguer un second mandat, dans la foulée, offrirait le plus de garanties de s’approcher d’une obligation de
résultat.
Proposition de reformulation
Le Président de la République ne peut bénéficier de prolongation de mandat. Il peut cependant être réélu pour un second mandat. En aucun cas, il ne peut briguer un troisième. Aucun président ayant été élu deux fois ne peut briguer un troisième mandat.
Le rédacteur du rapport, malgré sa compétence juridique et son habileté politique, n’arrive pas à trouver unlangage clair et précis pour légitimer cet amendement. Il utilise donc des euphémismes comme « observation » pour justification, « proposition de reformulation » pour amendement. Au lieu de dire tout franchementque le Président à l’expiration de son premier mandat peut immédiatement briguer un second mandat,on recourt à un langage sibyllin et emphatique « le Président en soumettant son bilan pour briguer un second mandat, dans la foulée( ?) offrirait le plus de garanties de s’approcher d’une obligation de résultat ». Le Président ne doit-il pas s’approcher àpas feutrés ? Le clou de la proposition de reformation est qu’il suffit de supprimer l’intervalle de cinq ans prévu dans l’article 134-3pourrétablir la stabilité politique. Cet intervalle de cinq ans n’a pas empêché « la présidence-chaises musicales » qui a permis aux marasa de monopoliser le pouvoir pendant vingt ans . Mais son omission facilitera la répétition d’une telle présidence avec ses conséquences néfastes.
Nous espérons que le peuple haïtien convaincu du mobile d’un tel amendement s’y opposera de toutes ses forces et obligera les dirigeants à y renoncer.
Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ?
J’ai lu avec intérêt et attention, dans le Coin de Carl, la relation du Congrès de la Diaspora Haïtienne à Miami du 6 au 9 août 2009 et les débats auxquels il a donné lieu. Carl observe avec justesse que les Haïtiens malgré des années en Amérique n’accordent pas aux autres le droit de critiquer. Mais ce n’est point ici l’objet de mon propos. Roosevelt Jean-François a, dans les Minutes du Congrès de Miami, décrit objectivement, ce me semble, le déroulement de ce congrès. Il relate un malheureux incident survenu , un impair monumental commis par un « membre du cabinet » de l’ancien Président Clinton et entériné par les intervenants. Voici comment, dans un passage des Minutes, Jean-François nous confie avec un brin d’humour un tel accroc :
Les propos du Premier Ministre étaient entrecoupés d’applaudissements venant de la satisfaction du public présent dans la salle. Entre-temps, un membre du cabinet Clinton fait signe de la main au Dr Lauredan pour venir le trouver en coulisses . Vraisemblablement, il a fait savoir à Lauredan d’aller sur le podium pour demander au Premier Ministre de raccourcir son intervention. Lauredan a passé le message à Moïse ( Président du congrès) qui a acquiescé de la tête. Moïse a gravi le podium en glissant légèrement ses pas vers le Premier Ministre qui parlait. Il a tapé l’épaule gauche du Premier Ministre qui a dû suspendre momentanément son discours et lui a chuchoté quelques mots à l’oreille. Le Premier Ministre a dû bâcler la fin de son intervention soulignant qu’on lui a demandé de terminer pour faire place au Président Clinton. Ce qui a déclenché un certain malaise.
La réaction des Haïtiens à la hardiesse de l’assistant de l’ancien Président Clinton, maintenant malgré ses titres et sa renommée, un émissaire de l’ONU en Haïti, est époustouflante. Dr Moïse , président du congrès, ne répond pas à l’assistant de Clinton que son intervention est inacceptable, Madame Pierre-Louis étant le Chef du gouvernement haïtien. Celle-ci, humiliée, ne rejette pas d’un revers de main l’audace de l’assistant de Clinton. Obéissant au diktat de Clinton, elle a bâclé « la fin de son intervention soulignant qu’on lui a demandé de terminer pour faire place au Président Clinton. Ce qui a déclenché un certain malaise ». Le public haïtien ne s’est pas mis debout pour exhorter, dans un sursaut de dignité nationale, le Premier ministre à continuer son discours sans aucune restriction. L’assistance n’a ressenti qu’un certain malaise. La plus grande obséquiosité prévaut ainsi du plus haut au plus bas de l’échelle. La vénalité semble conseiller à ceux qui tendent une main mendiante pour quémander l’aumône de plier l’échine s’ils veulent recevoir la manne internationale. Là ne s’arrête pas la tragi-comédie, elle est en si bon chemin. Le Président Clinton, malgré l’impardonnable intervention de son assistant prétend sans tiquer « qu’il ne va pas s’immiscer dans la politique interne (d’Haïti) ». Personne de l’assistance pour l’interroger sur la contradiction flagrante entre son affirmation et l’ accroc au protocole international causé par un membre de son entourage . Tout est mis sous le boisseau, jeté aux oubliettes.
Triste, pitoyable, écoeurant, m’écrivent des amis consternés. Réalité fort compréhensible, néanmoins, lorsque les dirigeants haïtiens, incompétents et prédateurs, monopolisent le pouvoir et mènent la danse, la valse des dollars alors que les masses crèvent de faim , alors qu’un misérable salaire minimum de 200 gourdes est refusé aux ouvriers et travailleurs aux abois. Vogue la galère, certes, avant qu’elle n’échoue sur l’inévitable roc de la résistance populaire.
18-8-09 Franck Laraque Professeur émérite, City College, New York
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La révolution haïtienne, trop longtemps occultée, par Jean-Michel Caroit LE MONDE |
Rendre justice à la révolution haïtienne dont la portée universelle a été longtemps occultée après la révolte victorieuse, en 1791, des esclaves de Saint-Domingue. Dans ce but, l'Unesco a organisé, du 21 au 23 août à Port-au-Prince, un colloque international sur "la révolution haïtienne et l'universalité des droits de l'homme". La commémoration et le travail de mémoire avaient été troublés en 2004, année du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti, par les violents affrontements qui avaient précédé le départ en exil de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide.
"La révolution haïtienne a été un moment-clé de l'histoire de l'humanité", a souligné Pierre Sané, le sous-directeur de l'Unesco. Elle a donné corps au concept de l'universalité des droits humains. La première République noire est aussi devenue "le catalyseur de la libération des oppressions esclavagiste et coloniale". Elle a apporté "la première contribution majeure et concrète au combat antiraciste mondial naissant".
Cette révolution était "impensable" , selon le mot de l'anthropologue Michel-Rolph Trouillot, en raison de sa radicalité face à la pensée dominante de l'époque. Elle a dépassé les révolutions française et américaine en étendant le concept de droits humains à l'ensemble de l'humanité, sans distinction de race ou de sexe. Les rédacteurs de la déclaration française de 1789 se référaient à l'homme occidental "blanc" lorsqu'ils écrivaient : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit." La révolution haïtienne ajoutera l'adverbe "tous": "Tous les êtres humains..."
L'insurrection des esclaves de Saint-Domingue, la plus riche des colonies françaises, était considérée comme une "aberration de l'Histoire" par les puissances du XVIIIe siècle. Elle remettait en cause les fondements du système économique dominant : la plantation, productrice du sucre, dont l'importance dans le commerce international est comparable à celle du pétrole aujourd'hui, l'esclavage et la traite négrière. Face à la Société des amis des Noirs, le club Massiac, représentant le parti colonial, soutenait que la fin de l'esclavage provoquerait la faillite de l'économie française. Craignant la contagion dans leurs colonies, les grandes puissances de l'époque ont mis la jeune République noire au ban des nations.
En Europe et aux Etats-Unis, la presse a construit l'image d'une insurrection sanguinaire et sauvage ne méritant pas le nom de révolution. Les historiens, de Michelet à Renan, ont nié ou minimisé son impact. Dans l'histoire officielle, le corps expéditionnaire de Napoléon, envoyé pour rétablir l'esclavage et la colonie de Saint-Domingue, n'a pas été défait par les combattants haïtiens, mais par les épidémies. L'intellectuel haïtien Laënnec Hurbon a déploré que l'esclavage demeure "un impensé de la philosophie politique moderne ", y compris chez des auteurs comme Michel Foucault ou Jürgen Habermas.
Le Martiniquais Aimé Césaire (Cahier d'un retour au pays natal), le Trinidadien C.L.R. James (Les Jacobins noirs), le Cubain Alejo Carpentier (Le Royaume de ce monde) et l'Afro-Américain Frederick Douglass ont été les premiers à rendre compte de la dimension de la révolution. "Haïti est la terre mère idéologique de la Caraïbe, le lieu où la lutte pour la liberté a produit une conscience collective, une nouvelle façon de penser la question raciale et de concevoir l'identité nationale", a relevé l'universitaire Michael Dash. Pour Césaire, Haïti est le lieu "où la négritude se met debout pour la première fois" et Toussaint Louverture est le restaurateur de la dignité des Noirs.
L'onde de choc de la révolution a accéléré l'abolition de l'esclavage dans les autres colonies françaises des Antilles et la fin de la traite, d'abord décrétée par le Danemark, en 1803. Internationalistes, les révolutionnaires haïtiens ont apporté leur soutien aux mouvements d'indépendance latino-américains : au Vénézuélien Francisco de Miranda dès 1806, à Simon Bolivar, au Mexique, et à la Colombie.
Certes, plus de deux siècles après cette épopée, la révolution est inachevée. Les droits humains ont été bafoués durant de longues périodes de dictature comme celle des Duvalier au XXe siècle. Haïti est aujourd'hui un des pays les plus pauvres de la planète, soumis à un semi-protectorat qui ne dit pas son nom. Sa souveraineté est limitée par la présence de 9 000 casques bleus. Plusieurs dizaines de milliers d'enfants, les restaveks, travaillent comme domestiques. "Haïti n'a pas su entrer dans la modernité", a regretté le chercheur haïtien Watson Denis. "Le doute persiste sur la portée universelle de la révolution haïtienne car Haïti a raté sa sortie de l'esclavage" , a renchéri M. Hurbon.
Plusieurs intervenants ont suggéré d'ancrer Haïti "dans le destin africain". M. Sané s'est prononcé pour son adhésion à l'Union africaine. Il a préconisé "l'érection de l'ensemble d'Haïti en Patrimoine de l'humanité comme symbole de la résistance triomphante face à l'esclavage" . En hommage aux révolutionnaires haïtiens, le président du conseil exécutif de l'Unesco, le Béninois Olabiyi Yai, a appelé tous les pays du monde à inclure la lutte contre l'esclavage et la traite négrière dans les manuels scolaires.
Vision pour une nouvelle société haitienne (VINOUSH)
Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l'existence. Notre première priorité est d’assurer le minimum vital à nos compatriotes restés au pays, aider nous à réaliser cet objectif.
Aujourd'hui nous sommes 2132 qui se donnent corps et âmes pour réaliser ce grand projet, et nous disons merci à l'avance à tous ceux qui veulent y prendre part.
Ils étaient quelques centaines à participer la semaine dernière (6-9 aôut 2009) au congrès de la diaspora haïtienne organisée par le Haitian League au Trump International Beach resort à Miami. Ce congrès déroulé autour du thème de l’”unité” se voulait être “la grande réunion de la famille haïtienne”.
Jeudi soir, c’était la session d’ouverture. Au lobby de la Trump, les retrouvailles se faisaient drues. Les accolades et embrassades étaient on peut plus enthousiastes. L’atmosphère et le décor étaient plantés pour une grande réunion.
Il est presque 7:00pm, chacun se presse vers l’ascensseur. Rendez-vous au 3ème étage où se tiennent les salles de réception, d’exposition et de réunion reservées pour la circonstance.
Un comité d’accueil assiste les arrivants et vérifie leur identité et réservation. La musique se mélange aux conversations diverses et aux rires de joie et de contentement. Les serveurs passent le vin rouge, blanc, whisky etc… Pas de Prestige ni de Barbancourt. Un léger buffet froid est offert: saucisson, fromage, pain etc…
Dans la salle d’à côté, des exposants mettent la dernière main arrivent et arrangent leurs supports de communication.
Les maitres de cérémonie Herntz Phanor et Bernice Fidelia saluent l’assistance et annoncent l’ouverture du congrès en invitant les gens présents à observer une minute de reccueillement “pour nos frères et soeurs qui ont trouvé la mort dans la mer de Turks and Caicos”.
En moins d’une trentaine de secondes, ils invitent le Chairman du congrès, Dr Rudolph Moïse à présenter ses propos de circonstances suivis du saxophoniste Jowee Omicil qui a interprété de façon magistrale l’hyme national américain et la dessalinienne. Le père Réginald Jean-Marie de l’église Notre Dame d’Haïti de Miami a évoqué la prière.
Puis, ce fut une litanie de discours : Dr Bernier Lauredan, président de The Haitian League,USA; André Pierre, maire de la ville de North Miami, Joseph Célestin, ancien maire de la ville de North Miami, Joséphine Elizée Legros, Co-Chair du congrès; Henryka Manès, de la Floride; Prof. David Elcott de New York University; Sybil Elias, juge à New Jersey;Gérald Germain, ancien Ministre du Commerce et des Affaires Sociales d’Haïti.
Le Premier Ministre Michèle Pierre-Louis figurant dans l’agenda de la soirée était absent. Une autre intervention de sa part annoncée par les organisateurs pour la session plénière du vendredi matin n’a pas eu lieu.
Près d’une vingtaine de sessions regroupant chacune une moyenne d’une dizaine de panélistes étaient organisées pendant une période de 45 minutes. Les thèmes débattus concernaient l’agriculture, l’éducation, la santé, l’environnement, l’énergie, l’investissement, le tourisme, l’artisanat, le développement, les droits humains, les ONG’s, la religion, la diaspora, l’immigration, les médias , les arts et beaucoup, beaucoup d’autres.
Madame Pierre-Louis est arrivée samedi soir au congrès au moment du gala. Elle a salué tout le monde passant d’une table à une autre avant de laisser la salle par une autre porte. La table qui lui était reservée au haut du podium est restée vide pendant toute la soirée.
Clarens Renois et Florence Liautaud qui faisaient office de maîtres de cérémonie ont annoncé que le Premier Ministre était allée se reposer après “un long voyage” venant d’Haïti dans l’après-midi.
Des plaques d’honneur et de mérite ont été remises à Edwin Paraison de la Fondation Zile en République Dominicaine, Rudolph Moïse, Président du Congrès et Léonnie Hermantin du Lambi Fund.
Parallèment, Dr Lauredan a reconnu publiquement dans l’assistance certaines personnalités ayant contribué à la tenue du congrès. Puis, il a invité l’assistance à danser Sweet Micky qui a pris place dans la salle des exposants tranformés en piste de danse.
L’ambiance était festive avec l’animation du président du Compas et aussi culturelle avec des chorégraphies de quelques jeunes danseurs haitiano-américains.
La dernière journée du congrès, le dimanche 9 aout, a commencé à partir de 7:00am avec un petit déjeuner. L’accès était fermé à 8:00 am en raison des conditions de sécurité exigées par la présence de l’ancien président américain Bill Clinton faisant office d’envoyé special du secrétaire général des Nations Unies en Haïti.
Le père Réginald Jean-Marie a évoqué le sens du leadership et de l’engagement tant nécessaire aujourd’hui pour lancer la rencontre de la matinée.
Il était suivi de l’administrateur intérimaire de l’USAID, Monsieur Alonzo Fulgham, un ancien volontaire du Corps de la Paix en Haïti. Celui-ci a invité les Haïtiens de la Diaspora à investir leur capital et partager leur expertise pour aider à la création d’emplois en Haïti. Il a souligné l’importance du programme dénommé «Haitian Diaspora Marketplace» lancé par l’USAID et la Fondation SOGEBANK qui fournit deux (2) millions de dollars pour soutenir des investissements de la Diaspora haïtienne dans des petites et moyennes entreprises en Haïti et ainsi permettre de créer des emplois dans la fabrication, le tourisme, l'agriculture, la construction, la technologie de l'information et bien d’autres secteurs. L’USAID/Haïti a également lancé un projet pouvant aider les Haïtiens à utiliser des fonds reçus de l’étranger à des fins d’investissements tels des comptes d'épargne, des nantissements pour des prêts d’affaires et d’éducation, et des bourses d’études.
Rudolph Moïse remercie le représentant de la USAID et improvise un résumé du contenu de son intervention et des besoins d’Haïti pour le moment. Il continue de parler attendant, dit-il, l’arrivée du Premier Ministre. L’attente devait durer près de 15 minutes et le président du congrès profitait de la circonstance pour étaler ses prouesses personnelles comme médecin, aviateur de l’armée américaine, acteur de cinéma ,etc…
Le Premier Ministre Michèle Pierre-Louis est rentrée dans la salle en saluant quelques personnalités qui se trouvaient au premier rang. Elle était assistée de son chef de cabinet, Daniel Henrys et du consul d’Haïti à Miami. Elle a présenté un brillant discours en Créole autour du thème de l’unité et dégagé la portée d’un mouvement d’unité pour Haïti à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Les propos du Premier Ministre étaient entrecoupés d’applaudissements venant de la satisfaction du public présent dans la salle.
Entretemps, un membre du cabinet Clinton fait signe de la main au Dr Lauredan pour venir le trouver en coulisses. Vraisemblablement, il a fait savoir à Lauredan d’aller sur le podium pour demander au Premier Ministre de raccourcir son intervention. Lauredan a passé le message à Moïse qui a acquiescé de la tête. Moïse a gravi le podium en glissant légèrement ses pas vers le Premier Ministre qui parlait. Il a tapé l’épaule gauche du Premier Ministre qui a du suspendre momentanément son discours et lui a chuchoté quelques mots à l’oreille.
Le Premier Ministre a du bâcler la fin de son intervention soulignant qu’on lui a demandé de terminer pour faire la place au Président Clinton. Ce qui a déclenché un malaise dans la salle.
Lauredan a pris la parole pour annoncer Clinton. Celui-ci n’était pas encore prêt et Lauredan s’est lancé dans un one man show tragi-comique pendant plus de quinzaine de minutes. C’était comme un « one man show » dans un lakou du pays devant une dizaine de caméras des stations de télévision et de nombreux invités. L’homme parle de tout, de rien, voire de rien du tout. Puis, il chante et danse. Puis il annoncé « ladies and gentlemen, the president of the United States of America » et sur la huée de l’assistance, il se reprend « pardon, the former… the former president… ».
Clinton a remercié Lauredan pour son extraordinaire présentation et après les salutations d’usage il a rappelé les moments de sa présidence où il était toujours accueilli avec de la musique. Et c’est ce qui lui manquait le plus même 3 mois après avoir quitté le pouvoir.
Puis, il a présenté le préambule de sa mission et sa description de taches. Clinton a annoncé la visite d’une délégation commerciale en Haïti en octobre prochain. Il affirme qu’il ne va pas s’immiscer dans la politique interne et qu’il fa faire le plaidoyer d’Haïti au niveau international.